Comment financer mon projet ?

L’argent est le nerf de la guerre, a fortiori dans le monde de l’entrepreneuriat technologique où le développement du produit peut être long et couteux. Il y a d’ailleurs fort à parier pour que vos économies soient loin de suffire pour permettre à votre spin-off de voir le jour.

 

Concept

“Les sources de financement pour votre spin-off”
Olivier Witmeur

Expert

“Les Venture Capitalists”
Olivier Witeur

Entrepreneur

“Les 3 ‘F’ de l’entrepreneur ”
Olivier Witmeur

Heureusement, différentes sources de financement existent et sont disponibles pour les entrepreneurs, chacune avec ses avantages et ses inconvénients :

    • Les fonds propres : l’argent investi est soumis au risque de voir l’entreprise échouer, aucune garantie ne peut être fournie aux investisseurs. Pour compenser cela, ces derniers demanderont un retour sur investissement significatif et une influence dans la prise de décisions de l’entreprise :
        • Les 3F’s (Friends, Family and Fools) : vos proches et vos amis peuvent vous aider à amasser les premiers milliers d’euros nécessaires. Bien qu’utiles, ces sources de financement ne suffisent généralement pas longtemps et devront souvent être complétées par des montants plus conséquents. De plus, votre proximité avec les investisseurs ne doit pas vous faire oublier de les informer clairement sur les risques qu’ils prennent en investissant ainsi que sur les évolutions du projet.
        • Les business angels (BA) : il s’agit souvent d’entrepreneurs ayant réussi et désireux d’investir en soutenant de nouveaux projets. Bien que disposant de montants dépassant rarement le million d’euros, ils possèdent une expérience qui leur permet d’accompagner et de conseiller l’entrepreneur aux premiers stades de développement de l’entreprise.
        • Les venture capitalists (VC) : les VC sont des gestionnaires de fonds professionnels très expérimentés qui constituent des portefeuilles d’investissements où les sommes investies peuvent atteindre plusieurs dizaines de millions d’euros. Contrairement aux BA qui peuvent être plus flexibles et impulsifs dans leurs choix d’investissement, les VC soumettent les projets qu’ils reçoivent à des batteries de tests pouvant durer plusieurs mois et dont le taux de sélection dépasse rarement 1%. En règle générale, ils agissent à un horizon de 3 à 5 ans après lesquels ils cherchent à céder leurs parts pour empocher leur bénéfice.
        • Le corporate venture capital (CVC) : il s’agit des fonds de VC constitués par certaines grandes entreprises. Leur fonctionnement est proche de celui des VC classiques mais leurs objectifs peuvent sortir du cadre purement financier : veille technologique, screening de candidats au rachat etc.
    • Les prêts : accordés par les banques, ces derniers peuvent aider à financer le développement de votre entreprise à taux plus faibles que les BA ou les VC, et ce, sans influence sur la prise de décisions. Malheureusement, ces sources de financement sont rarement accessibles aux jeunes entreprises en raison des faibles garanties qu’elles peuvent offrir aux banquiers.
    • Les subsides et aides publiques : de nombreux pouvoirs publics ont compris les difficultés rencontrées par beaucoup d’entreprises au début de leur existence. Pour pallier à ces situations, de nombreuses aides sont disponibles pour aider les entreprises à financer tout ou partie des premières dépenses : réalisation de recherches préliminaires, obtention de propriété intellectuelle, développement d’un prototype etc.

En plus de ses avantages et inconvénients, chacun des modes de financement présentés ci-dessus a son timing optimal dans l’évolution d’une spin-off. En effet, le développement d’une entreprise implique le franchissement de 4 phases avec des priorités et des besoins en financement différents :

1. Phase de démarrage : la priorité est la constitution de l’équipe et la finalisation du business plan et des recherches préliminaires. A ce stade, les montants engagés sont faibles et les subsides, les 3F’s et les business angels sont les sources de capital privilégiées ;
2. Phase de lancement : l’entreprise cherche à réaliser les premiers prototypes afin de finaliser les premiers produits qui pourront être commercialisés. Au vu des montants requis plus importants, les venture capitalists sont les pourvoyeurs de fonds les plus fréquents ;
3. Phase de croissance : les premières ventes ont été encourageantes et l’entreprise cherche à consolider et diversifier son offre de produits. En plus de VC, les premiers résultats financiers permettent de se tourner vers du financement bancaire ;
4. Phase de maturité : l’entreprise est bien établie et doit faire face à une compétition solide. Dans ce contexte, les VC ont récupéré les profits générés par leur investissement et l’entreprise peut désormais faire le choix de continuer à contracter des prêts bancaires ou d’entrer en bourse en ouvrant tout ou partie de son capital à des particuliers.

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Quel que soit le choix que vous ferez, ne perdez pas de vue que la source de financement parfaite n’existe pas et qu’il faudra bien vous entourer pour mettre toutes les chances de succès de votre côté dans cette aventure.

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Ressources supplémentaires

    1. “Les critères de sélection des Venture Capitalists”, par Olivier Witmeur : vidéo
    2. Les points clés financiers du business plan pour séduire votre banquier“, par Jean-Christophe Pic
    3. Comment financer la croissance de mon entreprise ?“, par CCImag
    4. Toutes les informations nécessaires pour convaincre un potentiel investisseur de soutenir votre projet se trouve : ici
    5. Le plan financier en 10 points-clefs“, par Le Moniteur Belge